27.1.10

Je ne serai jamais Richard Brautigan

L'écrivain qui lit beaucoup, qui parfois même a des idoles des lettres, se retrouve parfois dans cette situation, c'est normal et même plutôt sain. Pourquoi écrire quand d'autres avant moi ont touché au sublime ? La question n'est pas alors de faire mieux, mais différemment.
Effectivement, Arnaud Le Guilcher n'est pas Richard Brautigan, mais qui s'en plaindra à partir du moment où il parvient à devenir Arnaud Le Guilcher ?

En moins bien, son premier roman paru récemment aux éditions Stéphane Millon, est un roman américain écrit par un Français. L'histoire d'un type qui part à la découverte du Nouveau Monde en quête de sensations prétextant qu'il va sur les traces de son père. Il devient rapidement moins que rien et pilier de comptoir de compétition. Jusqu'au jour où passe une femme, que diable, LA Femme. Emma. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, le pire des losers se retrouve la bague au doigt au bras de la plus bonne de la plus bonne de tes copines.
Oui, Le Guilcher a lu Fante, Brautigan et Bukowski, ces trois gaillards qui avaient un penchant pour la merditude de la vie, alcool, clopes, drogues, et qui se tapaient des filles sublimes. Comme chantait Alexis HK, "C'que t'es belle quand j'ai bu / Je regrette de n'avoir pas fait d'autres abus / Tellement t'es belle quand j'bois."

Mais à croire que l'amour n'est qu'un shoot, plus la montée est sublime, plus la descente est infernale. Rapidement la belle Emma se fait la belle, et que reste-t-il au narrateur sinon sauver les meubles ? Le roman se transforme alors en une suite de péripéties toutes plus dingues les unes que les autres, effet papillon incontrôlable, allant jusqu'à l'Apocalypse en modèle réduit. Je ne vais pas vous vendre les évènements qui surviennent car l'intérêt principal du livre, outre la langue joueuse (petit bémol pour l'éditeur qui a laissé passer d'affreuses fautes), est l'accumulation de rebondissements tous plus burlesques et/ou glauques les uns que les autres. Oui, Le Guilcher est toujours sur la frontière entre le drôle et le franchement pas comique, comme une langue qu'on ne contrôle pas et qui de lapsus en lapsus provoquerait rires ou crispations.

Il est donc possible, et conseillé, de lire ce livre selon plusieurs degrés. Le premier, celui du bouquin déjanté au style qui remue la poussière que tout adorateur d'une certaine littérature rêve de pondre. Le second, celui de l'analogie alcool/amour/catastrophe du bad trip. Le livre n'est pas sans rappeler le film Hangover ou encore, si vous le voulez bien, Eternal sunshine of the spotless mind. Si le proverbe "Qui sème le vent récolte la tempête." paraît quelque peu désuet, pourquoi ne pas proposer une version suédée plus appropriée : "Qui sème l'amour récolte les emmerdes." ?

Arnaud Le Guilcher n'est pas Brautigan, mais s'il réitère avec un livre aussi bon risque de devenir rapidement culte. Ce n'est pas JFK le pélican qui vous dira le contraire.
À bon entendeur.

18.1.10

D

Je reprends l'abécédaire où je l'avais laissé...

9.1.10

2010

31.12.09

2009

Il est possible de mentir. Un outil supplémentaire, le mensonge ; une règle de grammaire.
Ce message est daté du 31 décembre 2009 mais il a été écrit après.
S'affranchir de la vérité - véracité d'une date, d'un fait - permet de se débarrasser d'une pression quant à la précision de ce que l'on écrit, puisqu'on est dans le mensonge, personne ne viendra chipoter sur les détails.

Je vais donc vous livrer, en deux temps trois coups de claviers, mon bilan 2009, essentiellement basé sur le mensonge, avec de la vérité dissimulée dont tout le monde se fout.

J'ai mis mon cerveau et ma créativité dans un bocal et j'ai regardé vieillir, pensant que cela ferait comme un bon vin. Problème, à l'heure d'ouvrir la bouteille, la peur du vinaigre.

Il me semble être allé au restaurant le 15 janvier et être allé voir une représentation du Tartuffe deux jours plus tard. Qui ira vérifier ? Il y avait un chien dans la pièce. AH ! Des détails ! Plus c'est détaillé, plus on y croit ! Et un extra-terrestre aussi. Autre détail.

Février, Entretiens avec le professeur Y, mis en scène et interprété par Julien Bal. Ce mec a du talent, à surveiller de près. Chromos.

Le mercredi 4 mars, il a fait un temps de merde. J'ai bien aimé faire du tennis. Cela devait être un autre jour, très certainement. Ce qui a aidé à me consoler d'avoir été traîné un soir au zénith pour voir Bénabour. Aussi naze que Syngué Sabar lu quelques mois plus tard. Il y avait Mansfield.TYA à la Boule Noire le lendemain du zénith, ça compense. J'ai vu Mansfield.TYA environ plein de fois cette année.

À défaut de faire un carton, j'ai fait des cartons au mois d'avril. Une sorte de déménageur breton si l'on veut. Si vous avez besoin de mes services, contractez-moi. Et je ne suis pas allé à Grenoble.

En mai j'étais à deux doigts de remporter une soirée Fooding, mais finalement non. Je crois que j'ai eu le prix d'honneur du jury tout de même. Tout ce cirque pour une scène de crime. Ensuite, quelques jours Dans la vallée... Charles Berberian, si tu me lis, as-tu lu Soupe d'argile ? J'ai fait des vidéos là-bas. Je les ai perdues. Vous connaissez La petite Lucie dans le magazine Spirou ? Et bien j'ai rencontré et plus si affinités son auteur Joan.

En juin je suis retourné au Collège Roland Garros pour parler zoophilie. C'était intéressant. Peut-être pas autant que Le Bar sous la mer interprété par Ludovic Laroche, Pierre-Michel Dudan et Karine Laroche. Des gens bien qui vont jouer très bientôt en 2010 (genre à partir du 5 janvier) au théâtre des Déchargeurs une adaptation du roman satyrique d'Henri-Frédéric Blanc, Nuit gravement au salut. Juin fut aussi le mois de l'unique concert du groupe Dune pour lequel j'ai prêté ma voix. Je crois pouvoir affirmer que les personnes qui n'ont pas vu ça ont raté leur vie.

Juillet tour d'Espagne.

Août mariage pluvieux mariage heureux. Berlin. Résidence à la campagne pour avancer La colline à la montagne parce qu'il faut bien vous avouer qu'il faut que j'me casse de Paris pour travailler ce livre. Mais don't worry, je prépare autre chose en attendant. Roh, un scoop ? Allez vous brosser. Champion olympique de ski nautique acrobatique.

Septembre, plus mort, tu meurs.

Octobre-novembre-décembre, plus vivant, tu meurs.

J'ai aimé des livres et des éditeurs en 2009, mais pour ça vous pouvez vous reporter à ce que j'ai écrit. .
Je vois de plus en plus de théâtre, peut-être qu'un jour je serai dramaturge. Il paraît que ça plaît aux demoiselles. Encore plus que poète. Dramaturge, c'est un poète concret, qui a les pieds sur terre. Elles veulent du concret.

Mais 2010 sera poésie. Je vous le dis.

Ah, j'oubliais, un éléphant ça ne trompe pas du tout, on vous a menti.

26.12.09

Archive : Mai 2008

Ils me demandent des romans
et des nouvelles.
Je n'ai pas la patience de la tortue
ni l'élégance du hérisson.

Je ne me mêle pas aux chahuts
mais aux rayons du soleil.
Préférant lire, respirer, écouter de la musique
ou donner un coup de trique.

Ils me disent de résister, de faire du politique dans mes livres.
Je résiste, oui, à la facilité d'écrire sur tout pour tout.

Les abeilles me remercieront un jour,
et Vénus à l'arrière en retour.

13.12.09

Web Demagogy

5.12.09

Attentifs Ensemble

Pour la sécurité de tous, veuillez nous signaler toute personne abandonnée susceptible d'agir dans cette gare en descendant du train.

1.12.09

Question existentielle

Quand le destin, inexorablement, vous ramène au Café des Plantes, faut-il en déduire que vous vous plantez ?

Souvenirs Souvenirs...